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65daysofstatic

: One time for all time



sortie : 2005
label : Monotreme Records
style : Electro post-rock w / break beats

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Tracklist :
01/ Drove through ghosts to get here
02/ Await rescue
03/ 23kid
04/ Welcome to the times
05/ Mean low water
06/ Climbing on roofs (desperate edit)
07/ The big affair
08/ 65 doesn't understand you
09/ Radio protector

C’est fou ce que la musique de ce début de siècle peut être excitante. C’est comme si à force d’avoir prêché le post-modernisme, le siècle précédent avait permis un décloisonnement des genres et des croisements aux possibilités infinies. Non que, désormais, tout se mélange nécessairement avec n’importe quoi — même si cela peut parfois être le cas — mais les genres ne sont plus des enclos sans portes ni fenêtres.

Dans ce domaine, l’audace de 65 days of static est de rapprocher le “post-rock” et les beats cassés d’une sorte de jungle remise au goût du jour. Le tour de force de 65 days of static est de réussir dans ce rapprochement et de réaliser une authentique greffe entre deux styles que rien ne rapproche apparemment. Le tour de force est encore de rendre cette musique jouissive. Là où l’on aurait très bien n’avoir qu’un collage plus ou moins adroit, One time for all times parvient à dynamiter littéralement le “post-rock”, à dépasser le schéma progressif auquel certains de ses promoteurs actuels voudraient le réduire pour tisser des motifs rythmiques en perpétuelle rupture, en renouvellement continu.

Drove through ghosts to get here et Await Rescue présentent parfaitement la configuration qui est le propre des morceaux de 65 days of static : des mélodies, généralement très simples et plutôt agréables, jouées au clavier ou à la guitare, qui se déclinent peu à peu jusqu’au déchaînement rythmique soutenu par des guitares acérées et saturées au possible. Et si 23 kid et Welcome to times sont de forme relativement classique, 65 doesn’t understand you sonne comme un pamphlet corrosif contre les limites : le groupe dans son incompréhension affirmée s’efforcerait d’exploser les canons de tous les genres sur / avec lesquels il peut jouer, ouvrant des pistes qui sont des voies sans issue, en sortant avec une force rare, comme s’il détruisait les murs qui le contiennent, l’enferment.

65 days of static, c’est à craindre, en lassera beaucoup qui trouveront que le groupe s’épuise dans ces croisements, se perd dans ces mélanges. Sauf qu’à l’écoute de One time for all times, il n’y a sans doute plus lieu de parler de mélange ou de je ne sais trop quelle hybridation. Bien plutôt, le groupe, en refusant les murs génériques, et en refusant de choisir un camp par opposition à un autre, parvient à inventer des formes nouvelles, à donner une nouvelle dynamique à la musique. S’il ne révolutionne certainement pas le monde de l’electronica, il réussit tout de même à injecter une dose suffisamment maîtrisée de 0 et de 1 dans l’analogique rock pour lui donner un nouveau souffle.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 24/02/2006

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