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Benjamin de la Fuente, Bruno Chevillon, Samuel Sighicelli, Eric Echampard

: Caravaggio



sortie : 2005
label : INA-GRM / La Muse en circuit
style : Musiques improvisées / Musique électro-acoustique

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Tracklist :
1/ Canicule
2/ Vicolo del divino amore
3/ « action ! »
4/ Platz
5/ Encres
6/ Manège

Organisant la désormais inévitable rencontre de l’électronique, de l’écriture et de l’improvisation, Caravaggio confronte la batterie d’Eric Echampard, la contrebasse de Bruno Chevillon, le violon de Benjamin de la Fuente et les machines et piano de Samuel Sighicelli. Projet de collision des projets, le projet des projets en quelque sorte, avant tout, né du désir de « faire se rencontrer le geste brut instrumental et la distance apportée par l’électronique, la matière et la pulsation, l’impulsif et le contrôlé, le puissant et le presque rien. »

Et de fait, ce Caravaggio dépasse la doxa des musiques électro-acoustiques pour se diriger vers une pratique complète de la question, large inventaire des champs possible du genre. Effort hybride qui tient autant de la musique électronique que du jazz et de la musique improvisée ou expérimentale, cet essai à quatre têtes pensantes réconcilie donc les contradictions avec une largeur de vue qu’il importe de défendre à présent (c’est-à-dire, maintenant que cette pratique qui consiste à hybrider l’électronique, l’improvisation et l’écriture tend à se répandre et n’est plus à défendre en tant que telle, en tant que « nouvelle frontière » pour ainsi dire) et qui déboute avec aisance et élégance les possibles impasses et dogmatismes théoriques.

L’apport majeur, à mon avis, et qui n’a pourtant l’air de rien à première écoute, c’est la présence d’une batterie qui n’hésite pas à imposer un swing énergique aux six pièces, et qui joue avec la pulsation sur tous les registres possibles, tantôt en l’éclipsant, tantôt en la soulignant, ici en l’écartant subtilement, là en l’imposant presque violemment. Comme si un noyau hard-bop physique en diable était venu se greffer à l’intérieur d’une pratique bien plus cérébrale. Et de fait, cette batterie vient tirer ce disque vers des territoires inconnus, ou plutôt du connu à l’inconnu : démarche de plus en plus répandue aujourd’hui, les quatre musiciens enregistraient deux compositions et quatre improvisations, puis ont décidé de revenir sur les rushes et de procéder à une sélection, à la suite de quoi a eu lieu un travail de recomposition destiné à « faire sonner », selon les mots du quatuor cette sélection.

Point de vue sûrement partiel et partial que le mien à présent, qui en oublierait presque de parler du travail précieux de réassemblage et de montage, de traitement du son et des textures des cordes, jouant alternativement des atmosphères et des effets dramatiques (d’où, probablement, la référence au Caravage) tels que peut les engendrer la construction d’un morceau, pour ne s’attacher qu’à cette batterie qui, avec presque rien en somme, distingue ce très bon disques des autres très bons disques du genre. Peut-être ce qui fait la différence entre une toile de maître et une bonne toile : l'avenir nous le dira.


Chroniqué par Mathias
le 28/01/2006

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