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Electrelane

: Rock It to the Moon



sortie : 2005
label : Too Pure
style : Pop / Post-punk

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Tracklist :
01/ The invisible dog
02/ Long dark
03/ Gabriel
04/ Film music
05/ Blue straggler
06/ Many peaks
07/ Le song
08/ Spartakiade
09/ u.o.r.
10/ The boat
11/ Mother

Quelques mois à peine après la sortie d’Axes, voici déjà un nouvel album des quatre Anglaises d’Electrelane. Enfin, nouvel album n’est pas l’expression exacte à utiliser ici. Rock It to the Moon est en effet le premier album du groupe de Brighton, sorti en 2001 mais épuisé depuis longtemps, prédécesseur de The Power Out. Too Pure a donc la bonne idée de rééditer cet essai initial, qui loin d’être une sombre tentative mercantile se révèle à la hauteur des récents travaux du groupe.

Plus proche du post-punk sombre et sous amphétamines de Axes que de la pop variée de The Power Out, ce premier album propose 11 titres 100% instrumentaux (à l’exception de quelques hurlements de rigueur et de fugaces effets de chœur). L’occasion de retomber dans ce que maîtrisent le mieux Electrelane, à savoir de longues plages inventives, laissant la porte ouverte à l’improvisation et à un surplus d’énergie. Mais la nouveauté ici, c’est peut-être l’attention portée aux montages. Moins brutes que leurs derniers enregistrements sous la houlette de Steve Albini, les compositions de Rock It to the Moon sont zébrées d’incises sonores discrètes mais efficaces. Les aboiements d’un chien, quelques bribes de dialogues, un accordéon comme repris d’une bande poussiéreuse ou encore une incursion dans les drones sur l’inquiétant The boat.

L’autre différence de ce disque avec ceux qui le suivront, c’est la place prépondérante qu’occupent les synthés. Si ceux-ci seront encore présents par la suite, ce ne sera jamais dans des proportions aussi importantes. Ici, ils dégoulinent proprement, saturés, boostés ou drolatiques (la réminiscence du Pop corn de Hot Butter à la fin de Long dark). Virant presque electrock sur Blue straggler, ils sont une concurrence sérieuse pour les déflagrations de guitares dont ne se prive pas le groupe (Gabriel, Spartakiade). Moins écrasante que sur Axes la musique d’Electrelane parvient ici à atteindre un équilibre improbable entre saturation et hédonisme, qui la propulse vers un no man’s land inconnu aux confins de la pop et du post-punk.

Mais le plus beau titre de Rock It to the Moon est paradoxalement celui où les synthés et les guitares disparaissent. Mené par un piano qui rappelle Sing de Blur (chanson oubliée, ressortie des tiroirs de Leisure), Many peaks se présente comme un instrumental au doux parfum de shoegazing, ouvrant la voie à une clarinette klezmer apaisée et à une trompette discrète, pour une formule mélancolique inédite et réussie.

Au grand jeu des rééditions, Too Pure marque des points avec ce premier album oublié d’Electrelane. Maîtrisé et varié, il préfigure déjà la noirceur enragée d’Axes et les contorsions mélodiques de The Power Out. Mais plus encore, il confirme que le quatuor de Brighton compte parmi les meilleurs groupes du moment, refusant les genres comme les étiquettes, adepte d’une liberté rock euphorisante.

Chroniqué par Christophe
le 05/01/2006

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