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Dirty Three

: Cinder



sortie : 2005
label : Bella Union
style : Post-rock / Folk

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Tracklist :
01/ Ever since
02/ She passed through
03/ Amy
04/ Sad sexy
05/ Cinders
06/ Doris
07/ Flutter
08/ The zither player
09/ It happened
10/ Great waves
11/ Dream Evie
12/ Too soon, too late
13/ This night
14/ Rain on
15/ Ember
16/ Michèle
17/ F

Huitième album déjà pour les Dirty Three, trio australien naviguant entre les genres, pour un rock instrumental aux inspirations folk aussi bien que post-rock. Une ambivalence qui s’explique sans doute par les trois instrumentistes présents. Si le violon de Waren Ellis privilégie la mélodie, la section rythmique impeccable formée par Mick Turner et Jim White donne un aspect plus rugueux à ces compositions, créant les tensions propres à façonner le style des Dirty Three.

Sur le papier, Cinder avait tout pour plaire. Une tracklist gargantuesque (19 titres et un peu plus de 70 minutes au compteur), l'apport de nouveaux instruments et, surtout, une première vocale pour le groupe, avec un featuring rêvé de Chan Marshall (Cat Power). Pourtant, impossible de cacher sa déception après quelques écoutes de l’album. Loin de la perfection glacée de Whatever You Love, You Are, cette nouvelle livraison ne retrouve pas non plus la puissance lo-fi de Horse Stories et s’apparente plus à une réussite en demi-teinte, dans la lignée du récent She Has No Strings Apollo. La faute sans doute à un excès de compositions et à un départ un peu trop mou.

Les quatre premiers titres laissent en effet un arrière-goût de scepticisme. Si on retrouve bien l’inspiration mélodique d’Ellis, la section rythmique semble comme en sourdine, empêchant alors de retrouver cet équilibre si ténu qui fait le charme du groupe habituellement. Pour ne rien arranger, le poussif Doris dérape avec l’apparition d’une cornemuse sous amphétamines, virée folklorique bien inutile. Fort heureusement, entre le premier quarté trop léger et cet écart mal maîtrisé, il y aura eu l’imparable Cinders où la guitare de Mick Turner et la batterie de Jim White se réveillent soudain, redeviennent les contradicteurs idéaux du violon.

Un peu plus loin, Flutter s’impose comme un morceau de bravoure, résumant parfaitement l’univers des Dirty Three. A une introduction flirtant constamment avec l’instabilité, répond une mélodie tortueuse, toujours à la lutte avec le background rugueux créé par la section rythmique, qui s’efface par instants. Sur un tempo plus enlevé, The zither player se développe autour de structures similaires, faisant la part belle aux pizzicati du violon.

Le succès tiendrait-il à ces 2 titres plus denses? Toujours est-il que la suite de l’album se révèle bien plus digeste que son ouverture. Privilégiant à nouveau le format court, les morceaux qui suivent parviennent à accrocher l’oreille et à se dérouler sans laisser place à l’ennui. Plus folk (voire country) que par le passé, la musique des Dirty Three s’autorise encore quelques écarts plus inattendus. Ainsi, sur le superbe Last dance, le violon cède sa place au piano pour un duo plus apaisé avec la guitare. L’ombre de Nick Cave – rappelons que Warren Ellis fait partie de ses Bad Seeds – plane par moments. A d’autres occasions encore, Ellis troque son instrument de prédilection contre une mandoline ou un bouzouki. Mais l’apparition la plus attendue est bien sûr celle du chant. Et la prestation de Chan Marshall sur Great Waves ne déçoit pas, rappelle surtout la pertinence de cette rencontre. A noter encore qu’une autre voix féminine se pose sur la mélodie de Feral, pour un résultat certes plaisant, mais moins convaincant que le duo qui le précède.

Si Cinder n’est sans doute pas le meilleur album des Dirty Three, il révèle pourtant ses charmes multiples sur la longueur. Mais surtout, il présente un groupe prompt à se remettre en question, à refuser de se retrouver figé dans la formule qui a fait sa renommée. Sans réussir à convaincre sur l'ensemble de l’album, ces nouvelles directions apportent tout de même leur lot de réussites et permettent d’attendre sereinement le prochain album du trio, assurés des surprises qu’il nous réserve encore.

Chroniqué par Christophe
le 26/12/2005

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