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Animal Collective

: Feels



sortie : 2005
label : Fat Cat
style : Folk / Pop

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Tracklist :
01/ Did You See The Words ?
02/ Grass
03/ Flesh Canoe
04/ The Purple Bottle
05/ Bees
06/ Banshee Beat
07/ Daffy Duck
08/ Loch Raven
09/ Turn Into Something

Nouvel effort du collectif, fort attendu après le succès de Sung Tongs en 2004, ce Feels devrait mettre les pendules à l’heure et introduire définitivement, s’il en était besoin, les quatre hommes masqués d’Animal Collective parmi les formations qui comptent. Et même, parmi l’élite des quelques unes dont les travaux modifient la donne de fond en comble, redistribuent les cartes, réinventent le paysage musical, pop et autres genres confondus.

Et de cela, nos hommes en sont parfaitement conscients, eux qui ouvrent cet album sur trois pièces psychédéliques à la vitalité incroyable, électrique, galvanisante, pure débordement d’énergie hors de contrôle, torrents de joie frénétiques. C’était la plus belle manière d’ouvrir Feels, cette manière indirecte mais très certaine pour le quatuor d’affirmer une totale confiance en l’avenir et la certitude, souveraine et conquérante, qu’ils sont avec ce disque à la fois au sommet de leur art et aux avant-postes de la toute meilleure musique actuelle. Album gros d’une surabondance de vie et gonflé de la joie offerte par celle-ci, rien ne semble pouvoir, aujourd’hui, arrêter Animal Collective sur leur lancée. Et si j’insiste tant en fin de compte sur ce point, c’est que cet album semble avant toute chose – même s’il est bien plus, ce que les écoutes répétées nous diront au fil du temps, la parfaite et complète expression de cette force collective d’invention sans limite ni retenue.

Il semble bien pourtant que depuis Sung Tongs ces forces et énergies aient grossies. Alors que Sung Tongs était essentiellement l’œuvre de deux des membres (*Avey Tare* et Panda Bear), fondée sur un songwriting acoustique, l’écriture s’est clairement déplacée au niveau du quatuor, avec en plus des contributeurs réguliers (Geologist et Deakin) et des apports plus ponctuels des musiciens gravitant autour de ces mêmes sphères. Plus électrique, parfois électronique sans que jamais ne soient trahies machines ou logiciels, plus ample, le son d’Animal Collective, toujours fondé sur un songwriting exceptionnel, accède à l’œuvre pop complète, celle qui sait magnifier son écriture par les atours de la production.

Les cris de joie et les rythmiques tribales des premiers morceaux font donc place ensuite à une composition plus déliée, délicate et ouvragée, qui confinerait presque au sounddesign (mais peut-être suis-je trop enthousiaste) tant sont ciselés avec précision les murs de guitares, les nappes, les rythmiques et toutes les enluminures sonores qui s’y ajoutent. De sorte que le collectif accouche d’un psychédélisme à la fois brut et raffiné, d’une suprême élégance et d’une beauté à nulle égale, œuvre chamanique et pop à la fois, conjuguant son immédiateté et son urgence à sa délicatesse et la perfection de ses arrangements.

Nos quatre animaux sont devenus des sorciers, dont les rythmiques retrouvent une pulsation tellurique, chtonienne, primordiale, en même temps que les parties vocales gagnent des hauteurs insoupçonnées à l’aide d’étranges mécaniques à vapeur psychoacoustiques, delays, reverbs et filtres en tous genres. Œuvre volcanique qui projette son feu électrique puisé au plus profond de la terre en nuages de fumée incandescente, et fait couler, à la minute suivante, son magma de guitares aux reflets qui n’existent pas.

Cette aisance à naviguer entre différentes sphères musicales contradictoires ou qui ne coïncident pas, à aller de l’une à l’autre sans crier gare, fait tout le prix de la musique d’Animal Collective, ce pont jeté entre la tribalité et le chamanisme les plus purs et la pop la plus sophistiquée, entre les âges, les genres et même les continents, j’en veux pour preuves Loch Raven et sa kalimba. Pont qui est aussi, accessoirement, le chef d’œuvre pop de cette fin d’année et un grand disque, tout simplement.

Chroniqué par Mathias
le 19/10/2005

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