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Katerine

: Robots après tout



sortie : 2005
label : Rosebud
style : Electro-kitsch à la française

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Tracklist :
01/ Etres humains
02/ Borderline
03/ Numéros
04/ Le train de 19h
05/ Louxor j'adore
06/ Le 20-04-2005
07/ Titanic
08/ 100% VIP
09/ Patati Patata!
10/ Excuse-moi
11/ Qu'est-ce qu'il a dit ?
12/ 78-2008
13/ Après moi
14/ 11 septembre

Etrange année 2005 pour le buzz en Hexagone, qui aura rejoué en accéléré les plus belles théories évolutives et futuristes du devenir de l'Homme. Après un début rétrograde et casqué sous la bannière Human After All, l'été scanda la menace des clones avec La possibilité d'une île et l'automne nous cueille avec le slogan "Robots après tout", comme contre-pied jusqu'au-boutiste et gentiment grinçant. Tiercé gagnant sur l'hippodrome de la hype : Daft Punk - Houellebecq - Katerine. Si les deux premiers à la corde ne sont plus une surprise, le dernier venu revêt la casaque de l'outsider inattendu. Bien sûr, il y avait déjà eu la ritournelle d'un été Je vous emmerde, mais son dernier opus 8ème Ciel était passé plutôt inaperçu, l'étrange personnage préférant depuis se consacrer aux collaborations diverses (B.O. et featurings) ou à la réalisation d'un OVNI cinématographique (Peau de cochon). Ce nouvel album marque donc un retour en grâce et en tête de gondole pour le chanteur français le plus déjanté depuis Brigitte Fontaine, épaulé pour l'occasion par un Gonzales revenu aux affaires électroniques après son numéro piano-soliste. Un mariage prometteur sur le papier entre le clown canadien et le playmobil vendéen !

De Katerine, on retiendra deux périodes discographiques majeures. Celle des premiers albums tout d'abord, sous la haute influence de Michel Legrand, où le beau Philippe réconcilie dandysme et kitsch revendiqué. Puis, dès le double Les créatures et l'homme à trois mains, s'ouvre une ère où Katerine n'a plus peur de l'excès, faisant éclater les frontières entre kitsch, ironie et ridicule, tant dans les textes qu'au niveau des mélodies. Sans surprise, Robots après tout s'inscrit tout à fait dans la seconde galaxie, laissant simplement de côté les dérangés The Recyclers, pour une instrumentation plus synthétique. Composées en solitaire sur une Groovebox, les chansons du Katerine nouveau ont ensuite évolué jusqu'à leur forme finale via la rencontre avec Gonzo. Le résultat : un cocktail détonnant mêlant bribes IDM, réminiscences disco et eighties et, surtout, grand n'importe quoi. Une sorte d'electro-kitsch tapineuse, à la fois catchy et bitchy, qui vire totalement à l'ouest par instants. On passe ainsi des dansants et tubesques Borderline, 100% VIP et Louxor j'adore, aux plus minimalistes Patati Patata!, Titanic ou Excuse-moi. Estampillée dancefloor ou cellule capitonnée, la musique de Katerine s'affirme sans crainte de partir dans le décor. Aristo-jazz sur Le train de 19h, sexe-fan des sixties pour Les numéros ou electro-clash avec Après moi, rien n'est épargné à l'auditeur. Mais plus encore que cet habillage électronique bien senti, ce sont les paroles qui collent à l'oreille et décrispent les zygomatiques, témoignages de la verve habituelle du bonhomme. D'une Marine Le Pen déchaînée pourchassant notre pauvre playmobil (Le 20-04-2005) jusqu'aux ras-le-bol (Patati Patata !) et autres pétages de plomb(Borderline), sans oublier l'empêcheur de se remuer en rond qui squatte le dancefloor (Louxor j'adore), les textes de Katerine traduisent à la fois un regard acerbe et décalé sur les faits et les figures du quotidien. Mieux, l'inspiration part en vrille par moments pour des dérapages frisant l'autisme, entre inventaires sobres (Excuse-moi) ou éméchés (Titanic), aventures administratives (11 septembre) ou encore une hilarante leçon de conjugaison (la fin de Le 20-04-2005). Une poésie moderne et personnelle qui tiendrait autant de la blague de comptoir que d'une certaine littérature aigrie et vitriolée, en vogue aujourd'hui.

Au final, si la rencontre entre Katerine et Gonzales ne révolutionne pas tout à fait l'univers du Vendéen le plus barré depuis la guerre civile post-1789, elle offre un cocktail réussi entre délires verbaux et synthétiques. L'habillage électronique sied en effet à merveille aux élucubrations langagières du dandy-kitsch, regonflant son potentiel tubesque dans le même temps qu'il en minimise les dérapages instrumentaux (coutumiers durant la période Recyclers). Mais si ce mariage canado-français ne paraît pas contre nature, il permet surtout de mettre en orbite la carrière de Katerine, lui ouvrant les portes d'un public nouveau en le débarrassant de l'étiquette poisseuse de la Nouvelle Scène Française. Un album de plein-pied dans son époque : drôle, dansant et jouissif, comme une bonne rasade de poil à gratter.

Chroniqué par Christophe
le 10/10/2005

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