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Apse

: Self-titled EP



sortie : 2005
label : Acuarela
style : Post-rock / Ambiant

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Tracklist :
01/ Leer
02/ AE
03/ Marrer
04/ Keep
05/ Balat
06/ Norse

Depuis quelques années, le label espagnol Acuarela propose une riche collection de EPs annuels, regroupant des artistes le plus souvent extérieurs au label, gravitant dans les sphères pop, folk ou post-rock. L’occasion de retrouver des musiciens confirmés dans des escapades parallèles (The Album Leaf, Dominique A ou encore Xiu Xiu) ou de découvrir des artistes moins connus à travers cet exercice (Berg sans Nipple, The Clientele). Ainsi, après le remarqué Ghost Weight de Tarentel et avant un attendu Confianza/Visiones de Windsor for the Derby, cette cuvée 2005 permet de découvrir les américains de Apse qui, après une poignée de EPs auto-produits, signent sur Acuarela un recueil de titres du plus bel effet, entre post-rock et ambiant mélancolique.

Premier titre, Leer démarre sur quelques lourds accords de Moog avant de retomber dans le silence. Une ligne plus claire de guitare prend ensuite le relais, soutenue par une percussion déchaînée et des bribes de voix – à la manière de celles entendues sur l’ultime piste du dernier Do Make Say Think – pour un ralentissement progressif, où la musique s’efface et laisse place aux seules cymbales. Brusque changement de rythme alors, coïncidant avec l’apparition d’une basse spectrale – dans la lignée du Cure du début des années 80 – s’éteignant à mesure que resurgit le thème initial, jusqu’au crash final, inévitable. Moins de 5 minutes qui témoignent pourtant déjà d’un savoir-faire indiscutable. AE enchaîne, pour un titre plus ambiant et totalement instrumental, où l’évanescence des textures électroniques se mue en un son massif, jouant de la saturation à mesure que s’esquisse un semblant de mélodie lente et granuleuse, pour s’effacer dans une outro entre silence amplifié et échos organiques. Le plus direct Marrer naît de cette fin allongée, permettant le retour d’une rythmique toute puissante sur laquelle se bâtit le morceau. Des guitares saturées à l’arrière-plan et une voix plus émancipée entraînent cette piste vers une pop comme claustrophobe. Le titre suivant, Keep, s’ouvre sur des pulsations électroniques métronomiques, cinglées d’accords de guitares secs et arythmiques, pour laisser place ensuite à une ligne de guitare acoustique qui fait naître la mélodie, portée une fois encore par la voix et la batterie. Après un nouveau passage de rythmes électroniques, la seconde partie du titre se développe au gré de bribes vocales fantomatiques et aqueuses. Reprenant le même motif dans sa première moitié, Balat se transforme ensuite sous l’impulsion du binôme basse/grosse caisse pour un break tendu, avant que les voix n’explosent en pleine lumière. Un duo de guitares clôt le morceau, pour réapparaître ensuite dans Norse, ultime piste du EP. Après une intro laissée aux samples et aux machines, la musique se développe autour de ces guitares – sur le modèle de certains morceaux de Tarentel – offrant un écrin à la voix, toute en réverbérations. Le titre se conclut ensuite dans une succession d’explosions graduelles, du piano aux guitares, jusqu’au retour du Moog d’ouverture dans un exercice d’organiste sombre et désespéré.

Avec ce EP, Apse impressionnent par la densité et les multiples variations qu’ils imposent à leur musique. L’ambivalence du découpage des pistes participe de ce sentiment. Les six titres qui composent ce EP s’enchaînent sans laisser place au silence, mais chacun d’entre eux est marqué par plusieurs divisions internes, variations du rythme comme de la mélodie. Malgré cet aspect labyrinthique, la musique de Apse reste cohérente, se délitant en un EP homogène qui offre de belles promesses pour un album futur. Entre post-rock, ambiant et pop obscure, les climats créés par Apse oscillent de l’orage électrique et déchaîné à des nuages plus statiques, dont l’épaisseur laisse pourtant deviner quelques rayons de lumière. Une musique qui colle tout à fait à la grisaille de l’automne, telle qu’évoquée par la pochette presque opaque du disque, où se devinent les silhouettes d’arbres décharnés par-dessous le brouillard.

Chroniqué par Christophe
le 05/10/2005

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