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Scraps Of Tape

: Read Between The Lines At All Times



sortie : 2004
label : A Tenderversion Recordings
style : Post-rock

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Hands Are Tied
02/ Hands Are Tied
03/ Wright Is Rong
04/ Fuckers Come To Collect
05/ How Come Drugs Have No Effect On You?
06/ How Come Drugs Have No Effect On You?
07/ Blank Stare Tactics
08/ Blank Stare Tactics
09/ We Are Many We Are Tired O

« Génie ! ».

Difficile parfois de ne pas crier au génie. C’est vrai que l’on n’aime pas crier. On se retient encore, craignant le reproche de manquer de discernement et d’esprit critique (un comble quand on sait le nombre de disques passés par pudeur sous silence). On se retient, mais combien de temps ?

Les règles de leur art, les musiciens de Scraps Of Tape les ont apprises par cœur. À la manière, superbement désuète, des humanistes renaissants, ils les ont faites leurs, ils se les sont appropriées. Les règles ainsi digérées, la musique rappelle les débuts de Mogwai ou les accomplissements de GY!BE et de DMST. Cependant, ce n’est pas par l’effet d’une simple imitation. Ce qui se manifeste plutôt est une communauté esthétique qui ne signifie pas que la musique soit partout la même, au Canada comme en Suède, mais qu’elle participe d’un même esprit, par-delà les frontières.

À l’origine de Read Between The Lines At All Times, une instabilité créatrice qui fait échapper la musique aux schémas que l’on voudrait lui imposer pour l’assimiler, une instabilité créatrice qui parfume tous les titres, et les deux parties de Hands Are Tied en tête, d’une réjouissante étrangeté. La musique échappe constamment à la direction dans laquelle elle se donne au premier abord, les irruptions saturées ne succédant pas aux passages langoureux selon un rythme de progression convenu, mais bien plutôt de telle sorte que l’on ne se trouve jamais en mesure d’en prévoir l’apparition (par exemple, Fuckers Come To Collect).

Enchaînés sans trêve, les morceaux en viennent à former une masse mouvante d’où émergent des formes sonores que des failles, autrement appelées ruptures, menacent de manière permanente (How Come Drugs Have No Effect On You ?). Parfois, en creux, se dessine dans cette masse un interlude apaisé. Guitare acoustique, piano électrique, accordéon y côtoient une voix, unique en ce disque, des grincements de porte (Blank Stare Tactics), signe qu’en fait entre le monde extérieur à la musique, la musique et les différences internes à la musique, il n’y a pas de cassure. Le son brut, caractéristique d’une production artisanale de qualité, fait souffler sur ce disque le bruit du monde.

Entre slogan muet (l’instrumental trouble, double jeu et torturé : We Are Many We Are Tired Of Being Few) et jeu de mots cryptique (Wright Is Rong), l’injonction de toujours lire entre les lignes doit se prendre à la lettre. Et, bien que ce soit gageure de formuler une prédiction dès un premier album, on prendra le risque de dire que ce Read Between The Lines At All Times nous présente l’un des innombrables visages de la musique dans lequel on peut d’ores et déjà en lire l’avenir.

Maintenant, vous pouvez crier.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 03/10/2005

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