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Epic 45

: England Fallen Over EP



sortie : 2005
label : Make Mine Music
style : Post-rock

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Tracklist :
01/ England Fallen Over
02/ Walk Led to Happiness
03/ Swerving to Avoid Falling Leaves
04/ The Year Ahead
05/ Onwards as the Worlds Sinks

La musique d'Epic 45 a assurément une certaine capacité à dérouter, à aller là où ne l’attend pas. Témoin la petite pièce concrète qui ouvre cet EP, bientôt lancée sur une pop électroniquement montée convoquant le souvenir de Joy Division, puis New Order jusqu’à Hood dans cette façon qu’a la musique d’Epic 45 de se développer en longues boucles scintillantes, avec lenteur, avec majesté, formant une couleur idéale autour d’un chant fuyant.

Aussi et surtout, une conscience de la fin imminente, on ne sait trop fin de quoi au juste, mais une fin, un terme, tout abstraits, se font sentir. Et ces chants d’oiseaux, ces bruits de nature qui ouvrent England Fallen Over, sont moins ici un répit, une respiration naturelle, un moment de poésie bucollique, qu’un ultime moment de calme et de séreinité avant le désespoir de la résignation et l’appel de la catastrophe (Onwards as the world sinks). Désespoir calme pourtant, sans colère, d’une tristesse sans fond, mais douce, à peine suggérée par quelques strates de bruit blanc, de parasites électroniques agressifs (Walk led to happiness, qui mêle avec beauté arpèges de guitares acoustique et électriques, montage informatique et ajout de programmations, violoncelle d’une grande tendresse). La musique d’Epic 45 est un lent naufrage, une procession vers le fond et l’abîme accompagnée de spirales instrumentales aux airs de consolations pour âmes blessées (The year Ahead et ses voix diaphanes, ses chants d’abandon).

Quand la fin (de l’EP, mais aussi la fin thématisée par le dernier morceau, Onwards as the world sinks) arrive, Epic 45 reprend le chemin qui ne mène pas à Rome : le dernier titre est sûrement le plus énergique (encore que largement gagné par l’importance des atmosphères et des nappes saturées d’E-bow), avec sa section rythmique lente, incantatoire, presque martiale. Dans le naufrage, quelqu’un relève la tête, et il le fait avec beauté. Berceuses désespérées, la musique d’Epic 45 émeut et surprend en même temps qu’elle se pare des signes à peine esquissés, rares, d’une discrète modernité lorsqu’elle élargit le songwriting au sound design : cette manière de jouer sur deux tableaux, de passer de l’un à l’autre sans crier gare, fait de cet EP une production à la fois voluptueuse et cérébrale, intimiste et collective, stimulante, intéressante et attachante.

Chroniqué par Mathias
le 03/10/2005

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