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Ken Vandermark

: Alchemia (1/3)



sortie : 2005
label : Not Two
style : Jazz

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Tracklist :
CD1
01/ Telefon
02/ Other Cuts
03/ Staircase
04/ Strata
05/ Free King’s Suite – Meeting On Termini’s Corner – Three For The Festival – A Handful Of Fives

CD2
01/ Outside Ticket
02/ Money Down
03/ Camera
04/ Roulette
05/ Cruz Campo
0

Parler de jeunes jazzmen à l’homme de la rue et à celui de l’immeuble, il vous rétorquera – tout en investissant ses poches de peur que ne vous assaille l’idée de les entreprendre – Brad Mehldau ou Peter Cincotti. Pour ce qui est de l’allure nonchalante d’un artiste stylé propre à séduire les attentes pas décisives de cadres sous cultivés – et fiers d’être sûrs de se savoir tout le contraire -, ou pour la mèche impeccable reflétée par l’ivoire du piano - la photo est belle, même formatée, pour qui court le cliché -, l’injure saura être acceptée.

Le problème est que ce genre de points de vue, simplement exprimés par quelques crétins de plus – combien, déjà, entendus depuis le matin, tous thèmes confondus ?-, exclut tous les autres, ceux forgés à coups de recherches lentes et d’écoutes furtives ; ceux, en un mot, que ni radio ni magazine papier (puisque, selon les dires de tous, plus personne aujourd’hui ne regarde la télévision) n’aura pris soin, via le choix soumis aux maisons de disques et autres forces de l’ombre d’un programmateur / rédacteur, de nous faire avaler de force sans plus de peine que ça. Digéré vite, arrive le moment où il faut se vider, pour repartir plus léger où l’émetteur appelle.

Mais, à l’image de l’apparition de la Vierge à Notre Dame de la Salette, il arrive qu’une révélation touche de bien petits esprits. C’est pourquoi, si un de ceux trompés jusqu’ici se trouve en proie au doute et n’en puisse plus de répondre aux attentes de money makers contents que le monde tourne comme il tourne, une redirection peut s’imposer d’elle-même. Et pour cela, normal, de suivre quelques avis, d’attendre une aide quelconque ou, au moins, un soutien.

Quant aux autres, qui pensent avoir bien réfléchi et savent ne pas se laisser faire tout en continuant à applaudir aux accents parfaits d’un pianiste inutile / aux compositions invraisemblables d’un musicien profitant du temps qu’il passe entre les quatre murs de ses commodités pour écrire une ou deux pages de partitions d’un torchon voué au succès, n’ayant rien à apprendre, qu’ils passent leur chemin et dégagent l’espace d’une révélation faite aux auditeurs souffreteux en mal de guérison. « N’encombre pas la ligne, crie, en plus, maman dans l’escalier. Ta sœur attend un coup de fil du travail ! » Car exploitée, ta soeur, mais ravie autant que toi, la fin du mois venue, de pouvoir se dégueulasser l’oreille et le temps libre au son de hits fastueux subliminalement imposés. [Ce qui ne remet nullement en question son aplomb, à l’image de ce jour où, à un cousin éloigné qui essayait de lui venir en aide, elle destina ce : « Ta gueule maintenant !C’est pas parce que c’est inconnu que c’est meilleur, t'sais ! »]

Sentence implacable de qui avance seulement tiré par le bout du nez, que l’on doit cependant pardonner si l’on veut que les choses avancent. Car chacun naît innocent et si, pour la majorité, l’expérience traîne en longueur – irréversible pour certains autres-, elle n’empêche pas l’espoir de croire en l’évolution soudaine d’un ou deux imbéciles qui ne demandaient qu’à y voir clair sans jamais avoir osé exprimer la chose en public. Hier admettant le lyrisme de Keith ou la nonchalance de Jamie – cool, man, tu joues du piano en baskets ? - tout au long de soirées Martini-Tacos-Guacamole – les «soirées MTG », qu’ils s’amusent à dire ! - passées à discourir entre amis de musique et d’aide humanitaire dans des pays aussi pauvres que le décors habitatiste de l’appartement servant de lieu de rendez-vous, te voici aujourd'hui, à force de détermination, accepté enfin pour ce que tu es réellement : une personne comme les autres, qui souffrira toujours d’une assurance mal affirmée – la rechute, partout à craindre -, en passe, malgré tout, de devenir un être d’exception, affranchi et véritablement au courant.

A suivre

Chroniqué par Grisli
le 28/09/2005

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