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Tanakh

: Tanakh



sortie : 2004
label : Alien8
style : Post-rock expérimental

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Tracklist :
01/ disc one
02/ disc two

Certains disques sont ainsi : à ce point inouïs qu’ils en sont quasiment inaudibles. Nous résistons à leur appel. Nous nous les interdisons presque tant nous restons interdits. Ils sont le fruit du hasard : quelque chose se produit qui leur donne lieu. Tous les disques sont uniques, mais ceux qui portent en eux cette marque du hasard, d’autant plus nette qu’elle ne procède d’aucune volonté, résonnent de manière si singulière qu’ils signent avec elle le silence qu’ils rompent.

Tous les disques sont uniques. Certains le sont deux fois.

Deux fois uniques, deux disques, traces pour mémoire d’un piano écrasé dans une rue devant un lieu d’enregistrement, un lieu où l’on vit aussi, sans doute. Des mémoires enregistrés d’un piano reconstruit et de la musique qui s’invente autour de lui. De la musique qui invente une vie à ce piano mort une fois et sauvé de cette mort.

Installé de telle sorte qu’il devienne un habitacle, une demeure pour les musiciens de Tanakh, le piano envahit les disques de ses résonances : longues plages comme impossibles à cerner, à la limite de l’indescriptible. Quelque chose aussi bien que rien pourrait s’y passer, ce serait tout comme, tout comme si le plus important n’était pas là — qu’il se passe quelque chose ou non — que quelque chose que l’on pourrait distinguer du chaos ou du n’importe quoi ait lieu — le plus important étant que quelque chose ait été fait, que le prétexte (le piano délabré et mise en branle jusqu’à ce qu’il sonne à nouveau) ait été dépassé.

Alors, certes, il se passe quelque chose, il y a peut-être même plus d’événements musicaux dans ces de deux disques que l’oreille humaine n’en pourrait discerner en une écoute. Alors, certes, les sons prolifèrent jusqu’à la saturation. Alors, certes, les sons s’effacent, laissant un murmure résonner dans le désert. Alors, certes, il y a un agencement. Cependant, tout cela, on ne le découvre qu’ a posteriori. Tout cela, on le découvre seulement lorsque tout est consommé, lorsque ce piano qui se sera survécu à lui-même mourra non du fait de sa destruction accidentelle et inacceptable, mais du fait de l’effacement provisoire de sa présence. À ce moment précis, on s’imaginera comprendre que le prodige de la musique, ce en quoi elle est parfaitement inouïe, aura été cette fois de faire que la fin ne soit pas définitive.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 20/09/2005

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