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Sons of Frida

: Toboggan



sortie : 2005
label : Autoproduit
style : Post noisy rock

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Tracklist :
01/ the last time I smiled
02/ even dogs love christmas
03/ TBG 2124
04/ only shadows came through
05/ little ghost town
06/ TBG 2109

Des toboggans noisy, situés quelque part dans le monde sonore entre le bruit et la musique, ou encore des messages codés à l’attention des chiens, à l’intention de leurs hurlements dans le chaos de ce qui consonne (TBG 2124 et TBG 2109). Dans ce déluge-délire d’une jeunesse résolue à être sonique, quelque chose nous est dit du bruit de la beauté contemporaine.

Créer — décréer — recréer. En plaçant Toboggan sous ce signe trinitaire, les Sons of Frida ont choisi d’explorer les frontières entre musique et bruit sans pour autant renoncer au plaisir toujours renouvelé de compositions qui s’articulent autour d’un riff primordial. C’est du moins ce que suggère the last time I smiled. Morceau construit en trois parties et dont la première est une authentique chanson rock, jusque dans son texte même (on peut en effet y entendre ce genre de paroles : « The first time I saw her is the last time I smiled ») ; la seconde, un cataclysme sonore qui porte un solo de trompette, authentique tsunami musical ; la troisième une sorte de synthèse de ces deux premiers moments : la basse égrenant deux accords, à peine soutenue par la batterie tandis que des ondes agressent, titillent, parasitent. Sous des apparences de ruine finale, c’est le morceau dans son ensemble qui est recontextualisé. Car il n’y a aucune solution de continuité entre ces trois parties, mais bien l’exploration d’atmosphères contradictoires, atmosphères réunies en un même flux dans la narration musicale d’une catastrophe.
Des titres comme even dogs love Christmas ou only shadows came through, quant à eux, témoignent d’un grand sens de ce que l’on pourrait appeler « la mise en scène musicale ». Sur le premier des deux, la voix samplée et le groupe se cherchent pendant quelques secondes, laissant apparaître les mots : « On my own » avant que le morceau ne démarre véritablement. Et, deux minutes plus tard, laissant la voix seule, effectivement, les sonorités des guitares distordues s’en prenant à la ligne mélodique, pourtant patiemment élaborée, préparent le terrain pour un final rock, binaire, frénétique. L’autre fait entendre en son milieu, un cri, moment critique du morceau, il en est l’apogée dramatique. Parvenu à ce niveau d’intensité, il se disloquera immanquablement, à moins que la fièvre ne le gagne à nouveau.
little ghost town met en lumière l’aspect sombre de la musique des Sons of Frida. Cependant, la mélancolie, rendue particulièrement sensible par la présence de la trompette, ne confine jamais au pathétique, elle est toujours habitée par l’énergie dont le groupe sait faire preuve, elle la prolonge même sans doute, sur un autre mode certes, mais avec la même intensité.

Cette intensité, la dimension dramatique des compositions, la puissance des plages d’expérimentation, nous assurent de la réponse à la question posée au début de TBG 2109 : Toboggan marque le début d’une histoire qui ne laissera certainement pas indifférent.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 26/08/2005

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