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Esmerine

: Aurora



sortie : 2005
label : Madrona Records
style : Post-rock

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Tracklist :
01/ Quelques mots pleins d'ombre
02/ History repeating as one thousand hearts mend
03/ Mados
04/ Why she swallows bullets and stones
05/ Ebb tide, spring tide, neap tide, flood
06/ Le rire de l'ange

En musique, dépasser les clivages est moins une affaire de théorie que de transitions. Par exemple, le clivage entre musique savante ou sérieuse et musique populaire, qu’il vaudrait mieux rebaptiser, pour employer la terminologie d’aujourd’hui, le clivage entre la musique contemporaine et les musiques actuelles, a moins de sens à être contesté en théorie qu’il n’en a à être dépassé dans la musique elle-même par l’usage habile des transitions. C’est ainsi que l’on se propose d’entendre Aurora, le second album d’Esmerine. Celui-ci, plus dense, plus resserré est aussi bien plus abouti que le précédent.

Aurora est constitué de deux pièces longues et deux quatre pièces courtes.
Les transitions sont particulièrement nettes sur les deux premiers morceaux (les pièces longues). En effet, Quelques mots pleins d’ombre articule un certain néo-classicisme et le rock. En cela, il est peut-être le seul morceau qui soit vraiment proche de If only a sweet surrender to the night to come be true. History repeating as one thousand hearts mend transforme une ébauche de mélodie en suite de vibrations, semblant ainsi la décomposer en sonorités fondamentales avant de s’orienter vers une atmosphère plus rythmée, une danse sur des marimbas agrémentée tout d’abord d’harmoniques puis de phrases de ce violoncelle emporté par un rythme qui n’aura de cesse de se rendre plus entraînant à mesure que s’imposeront des couleurs orientalistes.
Les pièces courtes, quant à elles, échappent de prime abord à ce modèle d’écoute. Mados montre comment convertir un solo en rythme et comment renvoyer ce rythme à son origine de solo. Why she swallows bullets and stones est un duo pour violoncelle et piano qui évoquera, notamment dans son introduction au piano, certaines pièces de musique minimaliste, et peut-être un certain Philip Glass. Ebb tide, spring tide, neap tide, flood peut être qualifiée de pièce pour percussions abstraites, parasitée par des saturations, superposant des rythmes au point de faire oublier son dépouillement initial. Le rire de l’ange, morceau plus classiquement post-rock, est un régal à l’inachèvement assumé, qui n’offre en rien une quelconque conclusion, mais semble plutôt avoir été prélevé d’une pièce plus longue dont on ne nous dirait finalement rien. À moins que ces quatre pièces plus courtes ne soient en fait des parties, livrées dans une forme éclatée, d’un tout que l’on suppose à l’image des deux premiers titres.

Plus qu’une suite donnée à If only a sweet surrender to the night to come be true, Aurora représente son dépassement, sachant éviter les écueils grandiloquents que le duo avait précédemment rencontrés. Chef-d’œuvre de dualité, c’est aussi un monument érigé à la gloire du violoncelle dont Beckie Foon fait un usage qui échappe à tous les clivages sans jamais sombrer dans le kitsch néo-classique auquel certains se complaisent.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 19/06/2005

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(2003)
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