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Walter Thompson

: PEXO : A Soundpainting Symphony



sortie : 2003
label : Nine Winds
style : Musiques improvisées

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Tracklist :
01/ Entrance
02/ Prepare
03/ Get Ready
04/ Bob Barker
05/ The Crowd
06/ Two Talk Show Hosts

Inaugurer une autre façon de conduire un orchestre - à la manière d’un peintre, donc, derrière son chevalet - est le concept qui anime depuis de nombreuses années Walter Thompson, compositeur contemporain capable de bousculer un concerto d’Haydn, comme de se laisser aller en compagnie de jazzmen délurés, tels Leroy Jenkins ou Anthony Braxton.

Assisté de Todd Reynolds, ce n’est pas moins de quinze musiciens qu’il dirige sur PEXO, œuvre mi-écrite mi-improvisée, d’une pertinence ramassée et élégante. Un ballet étrange et sombre, d’abord, se sortant comme il peu d’une bataille que se livrent des boucles de cordes et de courtes charges bruitistes (Entrance). Les spirales avalent des mouvements aléatoires sur un rythme lâche.

Dès Prepare, la voix humaine demande à gagner les assemblages. Un dialogue homme / femme s’installe sur fond de basses et rappelle, par sa mise en place et quelques répétitions synthétiques, les traitements de Stockhausen ou de Laurie Anderson. Une oraison grinçante perdue dans les brumes du Nordeste (Get ready) calme ensuite les esprits, en revendiquant la confrontation ludique des cordes et du trombone, une batterie mouvante pour seul juge.

Puis, des protestations vocales se lèvent, bousculant de leurs interventions folles une brass fantasy rassurante (Bob Barker). Des plages minimalistes rivalisent avec un chaos instrumental, ou d’angoissantes évocations vocales de comédies américaines. Une digression jazz met tout le monde d’accord : c’est le rythme qu’il faut maintenant servir.

Les voix s’en chargent donc. Fait de copiés / collés surnaturels, The Crowd est un montage érudit, que l’on dirige du bout des doigts et que l’on ne ménage pas : les invocations free d’un saxophone qu’on lui oppose sauront être gérées jusqu’au départ de Two Talk Show Hosts, labyrinthe aux embranchements infinis dans lequel on s’engouffre.

Egarées, des amalgames de nappes invitent chaque musicien à servir ce qu’il ressent, digressions foisonnantes que la folie menace. Pour Walter Thompson, il n’est pas de conclusion ravissante. Juste quelques éclaircies distinguées ici ou là, qui embellissent la vie laborieuse, mais qui demande qu’on s’attache, encore et toujours, à leur confection.


Chroniqué par Grisli
le 22/03/2005

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