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: ALMS



sortie : 2004
label : Constellation
style : Post-Rock / Electronica

achat/téléchargement

Tracklist :
SIDE A
01/ GOLEM
02/ ORIENTALISM AS HUMANISM
03/ ON GOLDEN POND

SIDE B
04/RADIO FREE RAMADI
05/LASERS, TRACERS, RADARS DRONES
06/PAWK
07/HOME SECURITY

Sur le disque, une inscription en lettres capitales : « Please play as loud as possible ».
Discipliné, je suis l’instruction. La musique sourd. Ça vibre, transperce, grince comme une machine. Je ne suis plus que des ondes sonores propagées dans l’espace. Trop. Stop.

Deuxième tentative (plus calme).

Placé sous le signe du Golem (comme l’indique le premier titre de l’album), cette créature d’argile de la mythologie juive que l’on anime en écrivant « EMETH » (vie) sur son front et que l’on renvoie à son inertie en y écrivant « METH » (mort), la musique de RE: fait sortir d’une sorte de chaos électronique des structures, des séquences, des rythmes. De ces sons produits par les machines émergent des formes musicales qui disparaissent progressivement, s’interrompent et reprennent. Elles ne se répètent alors pas : elles conduisent l’auditeur vers un espace intermédiaire.

Sur Orientalism as humanism, on peut entendre une alarme retentir comme celle que l’on entendrait, venue d’une usine, après une catastrophe. Des séquences rythmiques se sont faites entendre, les premières cadences. Le rythme a disparu ; il reprend comme broyé par des parasites.

Avec On golden pond, à l’aide de la technique des « field recordings » (qu’on pourrait traduire par « enregistrements sur le terrain »), c’est une certaine conception de la musique électronique qui se dessine : le réel est enregistré, échantillonné, mixé et (RE:)-mixé. Le réel, le bruit du monde devient, de cette manière, l’objet d’un travail qui tend à le constituer en musique.

Évoluant ainsi entre le créationnisme musical et une atmosphère musicale oppressante, dont Home security est l’apogée, RE: travaille à faire apparaître des éléments musicaux au détour de longues plages de bruits électroniques. C’est en ce sens que Radio free ramadi finit par faire entendre le beat d’une batterie surexploitée, beat qui est travaillé implicitement jusqu’à ce qu’il apparaisse à la limite de la ressemblance avec le son duquel il est issu.

Alms est un disque radical, tout aussi difficile à cerner qu’à écouter et qui ne cède jamais à la facilité. Les rares notes de musique que l’on y entend (comme sur Pawk) ne survivent jamais longtemps dans un univers envahi par des machines créées qui, pour être contrôlées par leurs auteurs, menacent toujours cependant puisqu’elles peuvent tout s’approprier, jusqu’au réel même.

Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 18/12/2004

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