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Saul Williams

: Amethyst Rock Star



sortie : 2001
label : Sony
style : Hip-hop / rock

Tracklist :
01/ La La La
02/ Penny for a Thought
03/ Robeson
04/ Tao of Now
05/ Fearless
06/ Untimely Meditations
07/ Om Nia Merican
08/ 1987
09/ Coded Language
10/ Our Father
11/ Wine

Petit retour en arrière, nous sommes en 2001 et Saul Williams sort enfin son album attendu depuis des mois par un nombre croissant d'auditeurs avertis. Le "buzz" encerclant l'artiste est alors à son paroxisme, l'album se doit d'être le classique maintes fois repoussé, c'est sûr, on devrait tenir entre nos mains une pièce maîtresse et inépuisable. Mais la vie n'est pas toujours aussi simple et Amethhyst Rock Star n'est pas encore le chef d'oeuvre de Saul Williams.

Voilà le pourquoi du comment. Première surprise, le LP est produit dans sa quasi-totalité par Rick Rubin, connu pour la charpente des premiers albums des Beasties Boys et les derniers albums des RHCP. Vous imaginez bien qu'on peut donc s'attendre au meilleur comme au pire en introduisant la galette dans la platine. Et ça commence plutôt bien ; La La La convaint avec son violon sacrément entraînant et ses textes ego-trip drôlement conscients. Bien. Encore mieux même lorsque survient la fin enragée de Penny for a Thought qui correspond superbement au flow lisse et rapide de notre cher Saul. Je suis content. Mais ma parole, ça ne s'arrête plus! Le rythme se pose, place au spoken word délicatement esquissé sur une prod joliment discrète où le poète Williams nous raconte une histoire de métamorphose figée en songe envoutant. Ca peut paraître pédant mais c'est vraiment agréable. Si, si. Mais ça se gâte... Revoilà le violon... je ne dirai rien de plus... Plage 5, de la guitare avec un Saul qui nous fait le coup de la fatalité humaine et réductrice du chagrin d'amour enchanteur de poésie musicale et de mélancolie grandiloquente. Catastrophique, le ton épistolaire du texte ne fait que bétonner le cliché de la démarche. La suite ne rassure pas plus que ça, le sample de Rage Against the Machine sur Om Nia American me décourage un peu plus, j'en ai presque les larmes aux yeux tant la déception me guette lorsqu'apparaît comme par magie Coded Language, tuerie drum'n'bass enfantée par monsieur Krust himself.

Rick Rubin la met en veilleuse, enfin. Et les qualités profondes de Saul Williams commencent à apparaître de manière plus évidente. Le texte est tout simplement superbe, dénudé de refrain, rempli de références bienvenues, représentant un véritable hommage aux plus grands éveilleurs de conscience comme aux vestiges du passé. Une sorte de melting-pot culturel et politique, abstrait à souhait et poétiquement écorché au fer rouge avec des petites piques adressées directement aux défendeurs du conformisme, surtout dans les milieux envieux d'insufler des changements radicaux. Le hip-hop, entre autres, vous l'aurez deviné.

Je m'incline. Et suis forcé de reconnaître les nombreuses qualités du disque qui reste une belle démonstration de la verve de Saul Williams, même s'il a tendance à en faire un peu trop par moments (Untimely Meditations en devient cliché, une fois de plus). Donc l'album est bon, bien que quelque peu gâché par les prod pas toujours parfaites de Rick Rubin. Mais comment être à la hauteur du poète Saul ? Difficile à dire. Mais très plaisant à écouter. J'irais jusqu'à dire instructif. Recommandé, donc.

Chroniqué par David Lamon
le 00/00/0000

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