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Adrian Sherwood

: Never Trust A Hippy



sortie : 2003
label : Real World
style : Dub / Jazz / Electro

Tracklist :
1/ No Dog Jazz
2/ Hari Up Hari
3/ Haunted By Your Love
4/ X-Planation
5/ Strange Turn
6/ Dead Man Smoking
7/ Paradise Of Nada Remix
8/ Boogaloo
9/ Processed World
10/ The Ignorant Version
11/ Majestic 12

Le label Real World de Peter Gabriel est peut-être, selon Adrian Sherwood, un repaire à hippy sur le retour (en ce qui concerne son crew, les artistes sont hors de cause), mais leur catalogue recèle des perles dont il s’est volontiers accommodé afin de produire son premier album solo, fort de ses expériences multiples de production Dub, New age, Indus et fusion.
Le briscard anglais s’est donc attaché à tirer le meilleur parti des Dead Man Smoking de S.E Rogie avec la voix du chanteur pakistanais Rizwan-Muazzam Qawwali et Paradise of nada des Temple Of Sound. Le reste de l’album a trouvé sa source dans d’infinies jam-sessions « maison », avec les amis de son label On-U Sound Keith Le Blanc et Ghetto Priest, qui ont posé leurs voix au studio de Muswell hill. Sa maison a aussi accueilli les génies de la production et de la programmation dancehall jamaïcaine que sont Sly and Robie, Bubblers, Jazzwad et Lenky, qui ont tous posé leur pierre à l’édifice « Never trust a hippy ».

Ce premier album, l’artiste l’a voulu exotique, épicé comme un plat jamaïcain sauce anglaise, c’est à dire plus noisy que la béchamel de ta maman. Le lad est allé chercher une musique africaine cross-over dont le voyage se poursuit jusqu’au continent indien, et jusqu'à ceux qui ont hérité du même nom en Amérique du Nord. Les chants sont souvent psalmodiés, comme des incantations religieuses poussant à la transe. Au long de ce périple, on rencontre les voix autochtones d’Hari haran, l’ami indien d’Adrian, à la voix de tête élégiaque, Ghetto Priest avec son anthem « I’d rather light a candle than to stay in darkness » sur la reprise de Dead Man Smoking, et Denise et Emily Sherwood aux choeurs cristallins et au timbre enfantin. Aux commandes, le pilote s’est entouré du guitariste Skip Mc Donald notamment pour le joyeux Dead man smoking ou pour un Majestic à la Western-spaghetti.
L’influence noisy de ses débuts avec les Tackhead ou Mark Stewart se fait sentir avec parcimonie, lorsqu’il assène des nappes rugueuses comme du papier de verre trempé dans les braises, ou à coups de discrets larsens et de samples coups de sabre, comme sur Processed World où l’on entend le souffle de l’air fendu par l’acier.
Une trompette dont la couleur paraît plus coutumière de l’électro-jazz aurait pu avoir été prêtée par Truffaz ou Molvaer, et apparaît comme une heureuse surprise dans un mix dub comme celui-ci. Pour l’anecdote, cette même trompette ose le refrain du « petit bonhomme en mousse » de Patrick Sébastien sur la toute fin de Boog-a-loo. Nous laissons les incrédules vérifier !

Quand à l’Adrian Sherwood producteur, il s’est astreint à une production « bien dégagée derrière les oreilles », c’est à dire en évitant la déformation professionnelle conduisant à la sur-production. Pour cela, il dit n’avoir gardé que le tout premier mix, désireux d’offrir une production dépouillée et envoûtante, libérant les espaces d’expression dans lesquels le son évolue. Beaucoup pourront tirer des enseignements de sa gestion du delay et de sa maîtrise de l’environnement stéréo, baladant les voix de gauche à droite pour les faire s’évanouir liquides, en désagrégeant la fréquence sonore. Son meilleur effet, qui consiste à jouer des samples à l’envers, taquine le tympan par une étrange aspiration.
Il se plaît aussi à faire ressentir de l’héréticité sur certains titres pour servir son dub engagé , avec une voix qui scande des appels à la révolte, comme sur « processed world » qui illustrerait à merveille ce petit moment de calme à la tension palpable qui précède une émeute. Un dub revendicatif, qui nous rappelle que le producteur a joué aux côtés de groupes aussi politiquement engagés que les Clash ou les Slits à l’époque des « punky reggae party » à l’anglaise dans les années 80.
Ainsi, le producteur plus habitué aux succès d’estime peut se vanter d’avoir fait danser quelques clubs sur les riddims d’un album qui lui ressemble, et qui paraît on ne peut plus ludique pour de futurs lives que nous attendons avec impatience.

Chroniqué par dClem
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A lire également sur dMute :
Interview avec Adrian Sherwood
(janvier 2003)




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