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L'Oldie de la semaine

: King Crimson - Starless (1974)



Le 31 janvier dernier, John Wetton nous quittait. Il avait notamment été le chanteur bassiste du roi pourpre lors d'une de ses meilleures périodes, si ce n'est leur meilleure (et la plus courte: 1973-1974). Retour sur le gigantesque Starless.

Je me souviens un peu de mon enfance. Quel âge avais-je à cette époque ? Entre 8 et 12 ans certainement. A cet âge là, j'adorais fouiller dans les 33 tours de mes parents, poser des disques au petit bonheur la chance sur la platine vinyle afin de découvrir de nouveaux mondes. La chanson française, quelques vieux bluesmen de renom, la pop britannique des années 60, Stevie Wonder, la soul, le rock, Pink Floyd, le rock progressif, beaucoup de rock progressif. A cet âge là, je ne mettais encore aucunes étiquettes sur ce que j'écoutais et c'était sûrement mieux ainsi. Laissant les émotions s'exprimer purement, vierge de tout préjugé, laissant les sensations s'immiscer sans forcément avoir à les définir. A cet âge là j'étais aussi intrigué par les pochettes étranges, parfois très belles, ou bizarres, ou effrayantes, avec pour certaines d'entre elles ce sentiment qu'elles donnaient quelques indices sur ce que leur contenu musical allait révéler. Cependant, pour l'album Red de King Crimson, il fallait retourner le disque pour trouver l'indice: un compteur affichant son aiguille dans le rouge, un compteur que l'on imagine bouillant, tremblotant, près à nous exploser à la figure dans les fractions de secondes qui viennent.

Avec Red de King Crimson, je découvrais un nouveau monde auquel je n'avais pas encore goûté à cet âge là, celui de la violence, et tout un tas de continents rattachés à lui que l'on pourrait nommer mélancolie, urgence, inconfort, noirceur, rage, désespoir, vieillesse ennemie. Rappelons que King Crimson, formation à géométrie variable dont le centre orbital serait le génial guitariste Robert Fripp, sortait cet album à titre posthume, sentant l'ultime séparation arriver à vive allure. Le groupe est alors en surchauffe, réduit à trois membres seulement, et semble bien décidé à livrer une oeuvre-somme terminale dont Starless serait en fin de parcours l'odyssée bouleversante et (auto)destructrice. Le morceau est un rollercoaster endiablé long de 12 minutes emportant tout sur son passage. Endiablé au sens littéral du terme c'est-à-dire "comme possédé par le démon", un démon (ou "ange déchu" comme le rappelle le deuxième titre de l'album) qu'il arrive in fine à expulser via une nouvelle forme d'exorcisme par le bruit et la fureur. Starless reste un de ces grands classiques indéboulonnables ayant marqué au fer rouge le rock. Ainsi qu'une enfance.



par Romain
le 18/03/2017

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