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Florilège musicopathe

: #7 Ombres et lumières instrumentales



Petit florilège de musiques instrumentales au sens large du terme en 5 points cardinaux, l'occasion également de faire le tour de quelques labels solides en la matière ainsi qu'un nouveau label français prometteur à découvrir....

Rachel Grimes - The Clearing (Temporary Residence)

Rachel Grimes est une pianiste plus connue pour avoir été le coeur du projet à géométrie variable Rachel's dans la seconde moitié des années 1990. Ils étaient un des fers de lance d'un certain post-rock ouvert au néoclassicisme comme le label Constellation en produisait alors de son côté. Succédant à l'intimiste Book of leaves qui voyait l'américaine évoluer seule derrière son instrument, The Clearing renoue avec les grands mouvements symphoniques de certains albums de Rachel's en s'accompagnant d'une douzaine de musiciens dont l'artiste ambient Loscil. Une des forces de Rachel Grimes est celle de réussir a donner une vie musicale aux éléments impalpables. The Sea and the Bells (1996) plongeait dans les fonds océaniques, Selenography (1999) s'intéressait aux reliefs lunaires, ce dernier album va se risquer quant à lui à symboliser l'air sous toutes ses formes. Qu'il soit plombant, léger, nocturne, qu'il se transforme en bourrasques ou produise des trous d'air, qu'il souffle dans les clarinettes et les saxophones pour donner des teintes jazzy, celui-ci sera partout sans en avoir l'air. Après tout, la musique de Rachel Grimes est surtout affaire d'atmosphère.

Crypto Tropic - Crypto Tropic (Le Cabanon)

Le Cabanon est un label français fraîchement créé il y a deux ans et plus que prometteur. De cette structure principalement spécialisée dans les paysages sonores électronica et l'exploration des aspérités musicales, ce premier album éponyme de Crypto Tropic vient en mesurer la teneur plus que respectable. Le duo formé par Thomas Pujols et François Dumeaux vient confirmer que ces deux-là sont atteint de la maladie tropicale, créant des arcs électriques entre un passé antique aux rituels païens et une musique synthétique doucement hypnotique réinventant son langage à mesure qu'elle avance. Crypto Tropic livre ici un album fabuleux de recherches mais surtout de trouvailles sonores. Au milieu de la forêt sombre, un arbre lumineux scintille.

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Mike Shiflet & High Aura'd - Awake (Type)

Entre le modern classical de Deaf Center et les drones massifs des Yellow Swans, le label Type a souvent su nous conquérir lorsqu'il s'agit de produire des artistes de musique ambient de haute volée. Avec cette nouvelle signature, Type Records ne déçoit toujours pas et livre un album instrumental où le duo de guitares électriques tenu par le vétéran de la noise Mike Shiflet et High Aura'd (John Kolodij) vient décharger quelques étincelles drone du plus bel effet. On sent bien que ces deux-là connaissent la recette de la bombe atomique, mais ils la garderont pour eux car Awake est avant tout un album qui se joue dans la retenue et la beauté des formes ondulées.

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Benoît Pioulard - Sonnet (Kranky)

Autre label connu pour ses signatures d'artistes ambient et expérimentaux, même s'il a depuis élargi son spectre, Kranky vient de sortir le dernier opus de Benoît Pioulard (Thomas Meluch de son vrai nom). Si le multi-instrumentiste poussait parfois la chansonnette folk sur ses précédents albums, ce Sonnet restera exclusivement instrumental. Formé de boucles de guitares reproduisant elles-mêmes des field recordings que l'américain a capté durant l'été et l'automne 2013 (machine à laver, chants d'oiseaux, climatiseurs industriel...), ce nouvel album vient trouver de la poésie musicale là où on ne l'aurait pas forcément cherchée, c'est-à-dire dans les grésillements parasites de machines assez rebutantes que les vapeurs drone-ambient de Benoît Pioulard arrivent à embellir.

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James Welburn - Hold (Miasmah)

On imaginait pas Tony Buck, batteur des géniaux The Necks, apporter sa contribution à une oeuvre purement noise, voilà chose faite. Le bassiste James Welburn vient donner le "la" six octaves sous terre d'une musique instrumentale composée majoritairement de noirceur, de lourdeur et de fureur. La noise appliquée ici semble être carressée par l'haleine du diable et, avec ses martèlements incessants et son mur d'électricité opaque, laisse l'impression de ne faire que deux gestes: creuser et enterrer. Il est difficile d'en ressortir indemne.

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par Romain
le 20/07/2015

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