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L'Oldie de la semaine

: Ingram Marshall - Fog Tropes / Gradual Requiem (1994)



Arc Light Edition réédite une des oeuvres majeures d'un compagnon de route de Charlemagne Palestine et Morton Subotnik

Après s'être penché sur l'album posthume du violoniste new-yorkais Arthur Russell, le tout jeune label Arc Light Edition réédite l'une des oeuvres majeures d'un compositeur américain pourtant secret: Fog Tropes / Gradual Requiem d'Ingram Marshall.

Né dans l'état de New-York en 1942, cet obscure érudit, professeur au California Institute Of The Arts après y avoir été étudiant dans les années 70, fut l'assistant de Morton Subotnik et élève de Vladimir Ussachevski, deux éminents pionniers de la composition électronique américaine. Cependant, l'oeuvre de Marshall est plus difficile à appréhender. Profondément marquée par l'influence de ces deux figures tutélaires, elle se nourrit également des voyages de son auteur et de ses multiples rencontres. Elle est en fait totalement hybride.

La proximité de Marshall avec Charlemagne Palestine, au côté duquel il traîna ses guêtres dans les îles de Java et Bali pour y apprendre l'art du gamelan, son travail avec John Adams (conducteur de la suite Gradual Requiem) ainsi que les manipulations sur tape recorders qui ponctuent ses compositions, nous le ferait rapprocher du courant de la musique minimaliste. C'est pourtant une étiquette que il n'a pas cessé lui-même de réfuter, préférant se qualifier non sans ironie d'expressiviste.

De fait, son travail méticuleux sur les atmosphères, lui vaut d'être souvent comparé à un peintre magnant pour seuls pinceaux field recordings et bandes magnétiques et dont la palette sonore se composerait essentiellement de cuivres, d'instruments de la musique d'Asie du sud-est comme la flûte Gambuh, de synthétiseurs et de voix. Une richesse picturale dans laquelle prennent naissance des pièces aux tonalités troublées ou étrangement distantes à l'image du dytique Fog Tropes et Gradual Requiem paru à l'origine en 1994 sur le défunt label New Albion.

Le vinyle pressé par Arc Light Edition rassemble donc de nouveau ces deux compositions en clair-obscure qui illustrent à merveille l'univers inquiétant et nébuleux de ce peintre-compositeur. C'est l'occasion de rédécouvrir une oeuvre particulièrement poétique, en marge du minimalisme et de l'ambient music, qui se polarise entre l'évanescente insularité de la baie de San Francisco, qui inspira à Marshall ses principaux chefs-d'oeuvre (voir Alcatraz), et la charge transcendatale et poétique des musiques traditionnelles balinaises et indonésiennes.



par Mickael B.
le 27/04/2014

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