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L'Oldie de la semaine

: Thick Pigeon - Subway (1982)



L'Oldie de la semaine déterre une pépite injustement oubliée dans les arcanes du temps: un single délicieusement trouble et carrément hypnotique signé par le duo new-yorkais Thick Pigeon. C'était en 1982, sur les Disques du Crépuscule

Difficile aujourd'hui d'imaginer la bizarrerie que représentait ce morceau à l'époque de sa sortie.
Un ostinato de basse saturée entremêlée d'une mélodie mécanique et répétitive, qui accompagnaient une voix mi-chantée, mi-parlée. Un nom pas très sérieux, Thick Pigeon, mais une caution imparable, le label qui publiait en 1982 ce 45 tours: les Disques du Crépuscule.

Fondé à Bruxelles deux ans à peine auparavant, le label était rapidement devenu culte, éditant des compilations indispensables et distillant des singles ultra-chics comme ce Subway/Sudan. Au milieu d'un catalogue qui comprenait des disques de A Certain Ratio, The Durutti Column, Section 25 ou Cabaret Voltaire, on trouvait deux titres seulement de ce duo. La pochette nous les créditait comme Stanton Miranda et Carter Burwell. Ils nous venaient de la scène arty de New-York et ne feront qu'un passage éclair dans le monde de la pop, clôturant leur carrière en 1984 par un album - Too Crazy Cowboys - sorti sur le label Factory, associé de longue date aux disques du Crépuscule. Ils y étaient accompagnés par Stephen Morris et Gillian Gilbert de New Order. Ils se sépareront juste après pour entamer, l'une une carrière solo sous le nom de Miranda Dali, ainsi qu'une série d'apparitions au cinéma, l'autre une florissante carrière de compositeur de musique de film, notamment pour les frères Coen.


Mais en 1982, c'est avant tout le mystère qui entourait ce single qui lui conférait, dans la grisaille belge de ces années étranges, un étonnant pouvoir lumineux. Comme une transmission radiophonique nocturne, difficile à déchiffrer, il était impossible de déterminer si le morceau se voulait mélancolique ou réconfortant. Le ton de la voix, entre la berceuse et le reproche, brouillait encore les pistes. Construit comme un tunnel, le morceau débutait sans prévenir, sans intro et se terminait tout aussi abruptement, laissant à l'auditeur la tâche d'assimiler ce qui s'était passé dans l'intervalle, pendant ces cinq minutes en suspension.



par Benoit Deuxant
le 20/10/2013

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